La maintenance implantaire



Un implant dentaire permet de remplacer une dent manquante à l’aide d’une racine artificielle. Particulièrement efficaces, les implants se révèlent pourtant aussi fragiles qu’une dent naturelle.

Pour éviter les cas de péri-implantite (infection autour de l’implant), un suivi régulier chez votre praticien de santé est nécessaire. La maintenance implantaire consiste à surveiller l’évolution des implants pour optimiser leur effet. L’intervention comporte différentes étapes, comme un détartrage ou un polissage par exemple.

Vous souhaitez mettre en place les bons gestes pour entretenir vos implants année après année. Nos experts vous partagent leur conseil pour une maintenance efficace.

Maintenance implantaire ; de quoi s’agit-il ?

L’enjeu d’un suivi personnalisé
La maintenance implantaire est considérée comme une thérapeutique de soutien. Il s’agit de mesures visant à prévenir toutes complications sur implants. La maintenance est une surveillance médicale sur le long terme. Elle est encouragée chez les personnes à risque, susceptibles de développer une infection (c’est le cas chez les fumeurs, ou les personnes souffrant de parodontites).

La maintenance implantaire débute directement après l’intervention chirurgicale. Ce dispositif permet en effet de vérifier le positionnement de l’implant. Le spécialiste procède à une radiographie afin de vérifier l’état du pilier de cicatrisation. La radiographie aide à l’observation de divers éléments, comme l’état initial de la structure osseuse. Au fil des ans, d’autres radiographies sont réalisées puis comparées à la première. Cette précaution permet aussi d’écarter certaines complications (comme une lyse osseuse péri-implantaire par exemple).

Notons qu’une visite de contrôle est toujours programmée dans les 10 jours qui suivent l’intervention. Cette dernière se concentre essentiellement sur le processus de cicatrisation de la muqueuse. Le spécialiste commence par traiter les points de suture et éliminer le tartre déjà installé. Lors de ce premier entretien, le praticien conseille le patient sur les dispositifs d’hygiène à mettre en place. En cas de mauvaise cicatrisation, un autre contrôle est programmé dans les 15 jours qui suivent.

La maintenance individuelle
La maintenance implantaire ne concerne plus uniquement le praticien de santé. En effet, le patient joue un rôle essentiel dans sa propre guérison. La maintenance individuelle implique le patient dans la mise en place des soins quotidiens. En adoptant les bons gestes, il permet de limiter l’émergence d’infections péri-implantaires. La prévention à suivre est sensiblement la même que pour un suivi parodontal.

Le patient est encouragé à utiliser des brossettes (ou des fils dentaires), afin d’accéder aux espaces inter-dentaires. Pour plus de précision, une brosse à dents électriques peut également être envisagée. Le patient doit privilégier un brossage minutieux sur toutes les facettes de l’implant.

Le nettoyage s’effectue surtout sur les zones sensibles, sous les pontiques ou près des piliers. L’usage d’un bain de bouche est conseillé uniquement en cas d’inflammation majeure de la gencive. Par ailleurs, le praticien pourra prescrire un hydropulseur pour supprimer les restes d’aliments. Un bon entretien est aussi nécessaire pour éviter les complications mécaniques ou infectieuses.

La maintenance professionnelle
Au fil des ans, les implants nécessitent un suivi médical particulièrement rigoureux. Pour assurer la pérennité des implants, on préconise un contrôle régulier à titre préventif. Aujourd’hui, la pose d’implant présente un taux de réussite incontesté.

Cependant, leur durée de vie dépend aussi de l’entretien qu’on leur consacre. Pour faciliter l’entretien, le praticien adapte l’implant aux aptitudes du patient concerné (c’est le cas lors d’un manque de dextérité lié à l’âge ou à un handicap majeur).

La maintenance professionnelle implique une surveillance médicale régulière des implants. Elle permet en effet de détecter d’éventuelles complications pour les prendre en charge à temps (implant mobile ou perte osseuse par exemple).

Une visite tous les mois chez le praticien est valable la première année. Dès la deuxième, une consultation annuelle suffit pour les personnes sans facteurs de risque. Dans le cas de parodontite ou de lésions péri-implantaires, des visites plus régulières sont préconisées (entre tous les 3 à 6 mois par an). La fréquence des contrôles peut augmenter en cas de :
  • tabagisme
  • maladie parodontale
  • détérioration des tissus péri-implantaires
  • dépôt de tartre et de plaque
  • mauvaise accessibilité de la prothèse à l’entretien (etc.)


Le déroulement d'une séance de maintenance implantaire

La mise à jour du questionnaire médical
Des visites régulières sont indispensables pour assurer la santé des tissus péri-implantaires. En fonction de votre état de santé globale, le praticien pourra réévaluer la fréquence des visites. Lors de chaque séance, le patient répond à un questionnaire médical comprenant diverses informations (consommation tabagique, prise de traitement, présence de bruxisme, etc.).

Le patient est appelé à communiquer les changements observés après la pose de l’implant (saignements des gencives, gênes, douleur, difficulté d’entretien, etc..). Le praticien doit également vérifier certains éléments essentiels comme :
  • L’évaluation de la plaque
  • La réalisation d’un sondage péri-implantaire
  • La surveillance de symptômes infectieux (enflement, pus, saignement…)
  • La surveillance d'une récession des tissus péri-implantaires
  • La présence d'une mobilité prothétique
  • Le constat d'un déséquilibre occlusal.

Soins et vérifications pratiques
D’autres vérifications peuvent être mises en place. Le praticien analyse les points de contact de la prothèse avec un fil dentaire. Il teste une éventuelle sensibilité à la pression pour écarter une complication mécanique ou infectieuse. Après étude des différents points de contrôle, une radiographie peut être réalisée et comparée aux précédentes.

Le praticien peut enfin passer à l’instrumentation. Il s’agit d’éliminer le tartre et le biofilm bactérien sur l’ensemble de la prothèse. Selon les cas, un traitement chimique ou mécanique peut être réalisé. Notons que la présence d’une péri-implantie nécessite une thérapeutique chirurgicale (associée à un traitement antiseptique ou antibiotique au besoin).

Aujourd’hui, les implants ostéo-intégrés sont parfaitement maîtrisés par le personnel soignant. La maintenance implantaire permet aussi d’anticiper les complications prothétiques sur le long terme.
En cas problème, le praticien est capable de refaire la prothèse, même lorsque celle-ci est ancienne. C’est pourquoi les spécialistes préfèrent des piliers susceptibles d’accueillir une nouvelle intervention. L’enjeu est de faciliter le dévissage de la prothèse défectueuse en cas de nécessité.
Le praticien doit aussi accéder à l’ensemble des pièces pour confectionner une nouvelle prothèse (même lorsque celles-ci ne sont plus éditées).